ḓ͑̒i̬̜͍͔̘̬̱ͪ̉̑̿o̝̽̓ͣͯ͐͛

t̸e̵x̸te v2.0̳

t̸e̵x̸te v1.0̳

l̸iv̵re

p̴réf̷ac̸e

s̸cèn̵e

a̷lg̷orit̶hme̸

vid̷é̸o

ro̶b̶ot

s̸t̶ic̸kers

a̷c̸c̸ide̸nt

Dio est d’abord un texte, librement accessible. Il a été publié aux éditions abrüpt, puis décliné par elleux en un générateur algorythmique et un bot social.

Remanié (version 2.0), il a été adapté à la scène, il a donné lieu à plusieurs textes-vidéo et a trouvé des formes graphiques librement imprimables en stickers pour polluer les villes. La v.2 a notre faveur.

Dio est une tentative de mythe, insurrectionnel et post-moderne, hacké à partir des données compilées il y a plus de deux mille ans par Euripide dans Les Bacchantes.

Le récit reprend la figure de Dionysos pour travailler d’une part l’ambiguïté identitaire (le genre, le corps, l’origine de la divinité sont toujours instables), comme tension apte à déstabiliser les sociétés, et d’autre part le pouvoir de contagion d’une énergie perturbatrice : les anthropologues identifient en Dionysos une figure “épidémique” qui répand la désobéissance par contagion.

Cette version fait de Dio une figure contre-médiarchique, une énergie immanente qui se propage dans les technologies de communication jusqu’à susciter une insurrection générale. Iel représente la possibilité – le rêve – d’un détournement de la capacité des technologies à multiplier les énergies collectives, une tentative pour contre-dire le récit uniformisant véhiculé par les instances dominantes de la médiarchie.

On rêve une co-modification, une fusion technologique mais émancipatrice des masses où l’intermodification techno-médiatique permet une révolution populaire de cyborgs. Le texte attache ainsi une nette importance aux réflexions contemporaines autour du bug-art et du glitch : dans l’écriture comme dans le travail audiovisuel, il s’agit d’exploiter les dysfonctionnements qui visibilisent ce qu’il y a d’invisible dans les technologies de l’échange – et l’invisible, souvent, se dévoile comme système de contrôle.

C’est le rôle de Dio : marcher sur terre, faire buguer autour d’iel la réalité, glitcher la politique, datamosher le soleil jusqu’à l’incendie général.

Le texte s’arrête sur un abîme : faut-il rêver une technologie déclonisante ? une horde de clones insurrectionnels n’est-elle pas plus assurée de réussir la lutte pour sa propre émancipation ? faudra-t-il, finalement, brûler Dio pour faire échouer la memesis ? A l’heure de l’uniformisation de nos langages – même de nos nouveaux systèmes sémiotiques – par les entreprises privées et les cyberpolices, Dio relaie l’appel de McKenzie Wark dans A Hacker Manifesto à hacker les langages, de la programmation, de la poésie, de la musique, des courbes et des couleurs.

Dio n’est rien d’autre qu’une énergie transformatrice, c’est tout l’enjeu du travail textuel : raconter l’histoire d’une allégorie qui transforme notre monde, mais dont l’autorité divine est effrayante. Quelle meilleure analogie au XXIème siècle que la technologie numérique ? L’ordinateur et internet ont aujourd’hui ce statut : instruments d’autorité aliénants utilisés par le pouvoir, mais aussi formidables outils de disruption du système. La figure de Dio se trouve au croisement de ces problématiques en ce qu’elle allie aura de perfection divine et capacité à inspirer l’insoumission.